Jacky Lecouturier

Né en juillet 1948, à Kortessem ou à Manono c'est selon...

Au-delà de l’agrément immédiat, les voyages et la découverte de nouveaux horizons sont souvent, dit-on, d’excellents remèdes aux écorchures de l’âme. Lors de ses pérégrinations en France, en Italie ou en Corse, Jacky Lecouturier a capté ces instants où nos sens sont soudainement mis en alerte par le cadre naturel d’un paysage.
 Ces moments fugitifs où notre fibre intérieure, ébranlée plus ou moins fortement, plus ou moins souvent, fait résonner en nous une idée, une réminiscence, un sentiment, une mélancolie, une particule de bonheur. C’est l’attrait lointain d’une île d’Elbe que n’aurait pas imaginée Napoléon. C’est une nappe de brume blanche qui tombe à l’arrière-plan de terres brunes, éclairées par un rayon de soleil. Les verts ondoyants d’un eucalyptus géant aux branches enchevêtrées. Ou encore une variation musicale de vagues avançant, puis reculant vers le large.
 Les images de Jacky Lecouturier, en petits polaroïds retrouvés ou en tirages récents, n’idéalisent pas la nature. Mais en cette sombre période de chaos que nous traversons, elles nous invitent à une forme de contemplation qui n’est ni anachronisme, ni gonflement de béatitude. Il s’agit plutôt d’associer l’excitation de la rêverie et la subjectivité de l’imaginaire, pour mieux faire face aux fracas du monde réel, et lui rendre en quelque sorte la monnaie de sa pièce : une capacité confiante à garder les yeux ouverts, tant qu’il en est encore temps, pour mieux se saisir des mille et une nuances que nous offre généreusement ce paysagiste de l’air, de l’eau, de la terre, et du feu. Pour l’occasion, il a associé aux éléments naturels de son parcours, quatre complices, quatre sculpteurs de la matière et du son, Clémence van Lunen, Emile Desmedt, Gérald Dederen, et Baudouin Oosterlynck, qui partagent avec lui l’une ou l’autre de ses approches.
 Alain Delaunois