Roby Comblain

Un dessin unique traverse le quatuor de lino : quatre plaques calibrées aux dimensions maximales de la presse.
Le travail de gravure fut long, sans difficulté majeure, mais absorbant. Comme lorsque le pas donne le rythme de la marche et sécrète une endurance paisible.
Le but est atteint. Pour aujourd’hui.
D’autres étapes suivront. Il restera à encrer puis à imprimer. Choisir la couleur de l’encre, celle du papier, sa texture, son grammage. Il restera à installer les feuilles imprimées dans l’espace, à les mettre en scène. Mais ce temps n’est pas encore venu. Il est l’heure maintenant de goûter le plaisir du chemin parcouru. Pause. L’heure est au souvenir : la gouge au creux de la main, la pression des doigts, la tendre résistance du linoléum…  
La matrice est promesses. Et surprises.
On imagine qu’une multitude de papiers seront imprimés. Ils seront chiffonnés, aplatis, pliés, déchirés, assemblés. Ou pas.
Au contraire, pour les monotypes sur papier japonais, la matrice a livré son propos après un seul passage sous la presse. Unique tirage. Les traits furent tracés dans l’encre humide et grasse étalée sur la plaque de plexiglas. La singularité de l’œuvre est amplifiée par le crayonné qui rehausse le papier imprimé. Ton sur ton. Coloriage subtil qui laisse des champs irisés.
 
Catherine Fache
Février 2015