Chaumont Martin

La peinture de Martin semble calme et ordonnée. Il peint par séries de recherches visuelles. Sa préoccupation principale est «le cadrage», pas celui qui borde docilement un plan «bien cadré» mais plutôt celui qui déborde et qui vient entraver notre perception, celui qui gène et qui nous pousse à s’interroger, à nous donner envie de voir ce que le peintre nous cache. D’abord noir et bien délimité, ce cadrage finira par se colorer, se flouter et se fondre dans l’image, accentuant cette perte de repères.
Le travail de l’artiste peut être exposé selon le mouvement de ses interrogations et essais. L’observateur appréhendera alors la démarche en retrouvant les mêmes motifs qui rebondissent de tableaux en tableaux. Les peintures cohabitent et communiquent, mais elles peuvent également se suffire à elles-mêmes, possédant toutes cette force qui happe le regard. Posez là sur un mur blanc, et elle rayonne sur tout l’espace.
Sans s’en rendre compte, on se perd dans ces paysages frôlant l’abstraction, on se laisse envelopper et emporter au loin. Petit à petit, on perd pied et le monde qui nous entoure s’efface.
Loraine Jacoletig